La première question, avant les distributions, avant les outils, avant les sauvegardes : ai-je encore besoin de Windows ?
Pendant des années, la réponse aurait été oui sans hésiter. Mais en regardant ce que je fais vraiment de mon poste — naviguer sur le web, un peu de bureautique — je me suis rendu compte qu'il n'y avait plus grand-chose qui dépendait spécifiquement de Windows. Le navigateur tourne partout pareil, et la bureautique tient soit dans un onglet, soit dans une suite libre. Quelques utilitaires Windows-only, parfois, mais plus rien d'irremplaçable.
Sauf un domaine : les jeux.
Linux et les jeux : viable ?
C'est le frein qui m'a retenu le plus longtemps. Tant que jouer sous Linux voulait dire « se battre avec Wine », je restais. Mais entre Proton, le Steam Deck et les heures de retour d'expérience accumulées sur ProtonDB, la situation a énormément changé. La majorité des jeux auxquels je touche tournent maintenant sans bidouille — quelques-uns avec un drapeau de lancement, presque aucun qui demande de mettre les mains dans le moteur.
Il restera des cas — les jeux avec anti-cheat noyau, certains éditeurs très spécifiques — mais ce ne sera plus la règle, juste l'exception. Pour la première fois, le compromis me paraît acceptable.
Choisir une distribution : Zorin OS 18.1
Après être passé par les suspects habituels (Pop!_OS, Fedora), le vrai choix s'est joué entre Zorin OS et Linux Mint — les deux cochent à peu près les mêmes cases. C'est finalement Zorin (en version 18.1 au moment où j'écris) qui l'a emporté. Quelques raisons :
- L'allure de Windows sans la moelle. Le bureau est familier, les habitudes restent. Ce qui change, c'est ce qui se passe en dessous.
- Une base Ubuntu LTS. Stable, bien documentée, énormément de paquets disponibles.
- L'orientation grand-public assumée. Je migre, je n'ai pas envie de passer mes soirées à reconstruire ma session graphique.
- Européen, pas américain. Zorin est développé en Irlande. Le problème, ce n'est pas la tech américaine en soi : c'est l'incertitude créée par le gouvernement américain. À équivalence technique, je préfère un projet posé hors de cette zone d'instabilité.
- Brave par défaut. Le navigateur préinstallé est Brave, pas Firefox. Firefox et moi, ça n'a jamais vraiment pris — trouver Brave déjà en place m'épargne la case « désinstaller, réinstaller ».
Pas le choix le plus exotique, c'est exactement le but : un atterrissage en douceur.
Je me suis lancé
L'installation est faite. La machine tourne sous Zorin. La suite — la vraie : configurer, migrer mes données, retrouver mes habitudes, jouer — c'est ce que ce blog va raconter.